Salarié protégé : des actes répétés d’insubordination peuvent justifier le licenciement

Salarié protégé : des actes répétés d’insubordination peuvent justifier le licenciement

Plusieurs manquements professionnels peuvent, appréciés dans leur ensemble, caractériser une faute suffisamment grave pour autoriser le licenciement d’un salarié protégé.
Ont notamment été retenus des refus de renseigner les outils de suivi et de communiquer ses disponibilités, la transmission d’informations lacunaires, un comportement inadapté lors d’un échange avec un client ainsi que l’annulation d’une réunion sans information de la hiérarchie. Le salarié avait en outre déjà été sanctionné pour des faits similaires et récents.

CE, 20 mars 2026, n° 496211

Secret professionnel : le transfert massif de données confidentielles vers une messagerie personnelle peut justifier le licenciement

Secret professionnel : le transfert massif de données confidentielles vers une messagerie personnelle peut justifier le licenciement

Le licenciement d’une salariée protégée, assistante sociale, est justifié lorsqu’elle transfère vers sa messagerie personnelle des centaines de courriels contenant des informations confidentielles et des données personnelles sensibles concernant les résidents d’une structure médico-sociale.
La volonté de conserver ces éléments comme preuves pour se prémunir contre une menace pesant sur son emploi ne justifie pas la méconnaissance de ses obligations légales et contractuelles relatives au secret professionnel.

CE, 20 février 2026, n° 497066

Contentieux électoral : une requête adressée par LRAR est formée à la date de son expédition

Contentieux électoral : une requête adressée par LRAR est formée à la date de son expédition

Les contestations relatives aux élections professionnelles sont introduites devant le tribunal judiciaire par voie de requête.
Lorsque cette requête est adressée au greffe par lettre recommandée avec accusé de réception, la date à retenir pour apprécier le respect du délai de recours est celle de l’expédition de la lettre, et non celle de sa réception par le greffe.

Cass. soc., 11 février 2026, n° 24-60.206

Expertise du CSE : l’employeur doit verser la provision non contestée

Expertise du CSE : l’employeur doit verser la provision non contestée

Lorsque l’employeur n’a pas exercé dans les délais son recours contre l’expertise, il doit verser à l’expert-comptable la provision prévue par la lettre de mission.
Il ne peut donc différer le paiement d’une expertise qu’il n’a pas régulièrement contestée.

Cass. soc., 1er avril 2026, n° 24-10.796

Salarié protégé : l’exercice dissimulé d’une activité chez un concurrent peut justifier le licenciement

Salarié protégé : l’exercice dissimulé d’une activité chez un concurrent peut justifier le licenciement

Le licenciement pour faute d’un salarié protégé peut être autorisé lorsque les faits qui lui sont reprochés présentent une gravité suffisante.
Tel est le cas d’un salarié qui, après la reprise de son contrat consécutive à l’annulation d’une précédente autorisation de licenciement, poursuit une activité professionnelle pour une société directement concurrente intervenant dans la même région, sans en informer son employeur.

CE, 26 juin 2026, n° 497360

Mise à pied conservatoire d’un salarié protégé : un dépassement du délai de 10 jours n’entraîne pas nécessairement l’irrégularité de la procédure

Mise à pied conservatoire d’un salarié protégé : un dépassement du délai de 10 jours n’entraîne pas nécessairement l’irrégularité de la procédure

En cas de mise à pied conservatoire d’un salarié protégé, le CSE doit en principe être consulté dans un délai de 10 jours.
Un dépassement de ce délai ne rend cependant pas automatiquement la procédure irrégulière. Il appartient aux juges du fond d’apprécier si ce dépassement présente un caractère excessif. En l’espèce, une consultation intervenue après 15 jours a été jugée valable.

CE, 26 juin 2026, n° 497360

Contestation des élections : le délai de 15 jours court à compter de la proclamation régulière des résultats

Contestation des élections : le délai de 15 jours court à compter de la proclamation régulière des résultats

Contestation des élections : le délai de 15 jours court à compter de la proclamation régulière des résultats
La contestation de la régularité des élections professionnelles doit être introduite dans un délai de 15 jours.
Ce délai ne commence toutefois à courir qu’à compter de la proclamation des résultats dans les conditions prévues par le Code électoral : après établissement du procès-verbal, les résultats doivent être proclamés publiquement par le président du bureau de vote et affichés dans la salle de vote.

Cass. soc., 18 mars 2026, n° 25-60.121

Droit d’alerte : l’employeur ne peut pas contester la régularité de la procédure par voie d’exception

Droit d’alerte : l’employeur ne peut pas contester la régularité de la procédure par voie d’exception

Lorsqu’un CSE désigne un expert-comptable dans le cadre de son droit d’alerte économique, l’employeur peut notamment contester la nécessité de l’expertise, le choix de l’expert, son coût, son étendue ou sa durée.
En revanche, il ne peut pas remettre en cause, par voie d’exception, la régularité de la procédure d’alerte économique déclenchée par le CSE.

Cass. soc., 8 juillet 2026, n° 25-13.278

Salarié protégé : l’anonymisation d’un témoignage ne porte pas nécessairement atteinte au caractère contradictoire de l’enquête

Salarié protégé : l’anonymisation d’un témoignage ne porte pas nécessairement atteinte au caractère contradictoire de l’enquête

Dans le cadre de l’enquête préalable à l’autorisation de licenciement d’un salarié protégé, l’inspecteur du travail doit, en principe, permettre au salarié de connaître les éléments recueillis et l’identité de leurs auteurs.
Le caractère contradictoire de l’enquête peut néanmoins être respecté malgré l’anonymisation de l’auteur d’une attestation, lorsque le salarié connaît les faits qui lui sont reprochés, ne les conteste pas et a été mis en mesure de présenter ses observations.

CE, 26 juin 2026, n° 497360

Éligibilité au CSE : l’absence d’inscription sur les listes électorales prive le salarié de son éligibilité

Éligibilité au CSE : l’absence d’inscription sur les listes électorales prive le salarié de son éligibilité

Pour être éligible au CSE, le salarié doit avoir la qualité d’électeur.
Le salarié qui n’est pas inscrit sur les listes électorales et qui n’a pas contesté cette absence d’inscription dans le délai prévu est privé de la qualité d’électeur et ne peut, par conséquent, être candidat aux élections professionnelles.

Cass. soc., 1er avril 2026, n° 25-13.331

Expertise du CSE : le juge ne peut pas statuer sur l’obligation de consultation

Expertise du CSE : le juge ne peut pas statuer sur l’obligation de consultation

Saisi d’une contestation portant sur la nécessité d’une expertise décidée par le CSE, le président du tribunal judiciaire ne peut pas se prononcer sur la question de savoir si l’employeur devait consulter le CSE sur le projet litigieux.
En statuant sur cette question, le juge excède les pouvoirs qui lui sont conférés dans le cadre de la contestation de l’expertise.

Cass. soc., 24 juin 2026, n° 25-12.036

CDD sportif d’un salarié protégé : l’administration n’a pas à contrôler la régularité des anciens contrats

CDD sportif d’un salarié protégé : l’administration n’a pas à contrôler la régularité des anciens contrats

Saisie d’une demande d’autorisation de non-renouvellement du CDD sportif d’un salarié protégé, l’administration n’a pas à rechercher si les CDD conclus antérieurement à la réforme de 2015 auraient dû être requalifiés en CDI.
L’éventuelle irrégularité des contrats antérieurs est sans incidence dès lors que le dernier contrat est soumis au régime spécifique du CDD sportif prévu par le Code du sport.

CE, 30 juin 2026, n° 491938

Élections du CSE : une délégation particulière d’autorité peut rendre un salarié inéligible

Élections du CSE : une délégation particulière d’autorité peut rendre un salarié inéligible

N’est pas éligible au CSE le salarié bénéficiant d’une délégation écrite particulière d’autorité permettant de l’assimiler au chef d’entreprise.
Tel est le cas d’une salariée habilitée à signer le protocole préélectoral, organiser les élections, proclamer les résultats, signer les procès-verbaux et représenter l’employeur dans un éventuel contentieux électoral, avec transfert du risque pénal lié aux opérations électorales.

Cass. soc., 13 mai 2026, n° 25-11.248

Travailleur temporaire protégé : l’entretien préalable est obligatoire avant la consultation du CSE

Travailleur temporaire protégé : l’entretien préalable est obligatoire avant la consultation du CSE

L’interruption ou le non-renouvellement de la mission d’un travailleur temporaire protégé est soumis à la procédure protectrice applicable au licenciement.
L’absence de convocation du salarié à un entretien préalable avant la consultation du CSE constitue une irrégularité substantielle faisant obstacle à la délivrance de l’autorisation administrative.

TA Lyon, 24 février 2026, n° 2407877

Établissements distincts : le juge doit vérifier l’autonomie effective de chaque établissement

Établissements distincts : le juge doit vérifier l’autonomie effective de chaque établissement

Lorsqu’il est saisi d’un recours contre la décision de la DREETS fixant le nombre et le périmètre des établissements distincts, le tribunal judiciaire doit rechercher l’autonomie de décision effectivement reconnue aux responsables des établissements, notamment en matière de gestion du personnel et d’exécution du service.
Il doit également vérifier que le découpage retenu permet l’exercice effectif des prérogatives du CSE au niveau de l’établissement concerné.

Cass. soc., 28 mai 2026, n° 25-14.414

Expertise du CSE : la délibération doit préciser le fondement et l’objet de l’expertise

Expertise du CSE : la délibération doit préciser le fondement et l’objet de l’expertise

Le CSE qui décide de recourir à une expertise doit préciser dans sa délibération le fondement et l’objet de celle-ci.
À défaut, l’employeur demeure recevable à contester la délibération, même lorsque la nature de l’expertise a été discutée lors de la réunion. Cette exigence s’applique également à l’expertise libre, intégralement financée par le CSE.

Cass. soc., 11 février 2026, n° 24-20.999

Droit d’alerte du CSE : le salarié doit encore être à l’effectif au jour de la saisine

Droit d’alerte du CSE : le salarié doit encore être à l’effectif au jour de la saisine

Le membre du CSE ne peut saisir le juge sur le fondement de l’article L. 2312-59 du Code du travail que pour faire cesser une atteinte aux droits d’un salarié encore présent dans l’entreprise au jour de la saisine.
En l’espèce, le recours du CSE est jugé recevable, faute de preuve que le licenciement était déjà effectif avant la saisine intervenue le même jour. La décision est toutefois partiellement cassée, le juge ayant ordonné une mesure plus large que celle demandée par le CSE.

Cass. soc., 18 mars 2026, n° 24-15.990

Révocation des membres désignés par le CSE : pas de révocation libre

Révocation des membres désignés par le CSE : pas de révocation libre

Un CSE ne peut pas librement révoquer ou remplacer en cours de mandat les membres de sa CSSCT ni ses représentants au CSE central.
Pour la CSSCT, le remplacement anticipé n’est possible qu’en cas de fin anticipée du mandat d’élu au CSE. Pour le CSE central, le mandat prend fin uniquement à son terme légal ou en cas de perte du mandat au CSE d’établissement.
Références :
• CSSCT : Cass. soc., 28 mai 2026, n° 24-22.914, publié au Bulletin.
• CSE central : Cass. soc., 28 mai 2026, n° 24-14.344, publié au Bulletin.
• Décision antérieure désormais à manier avec prudence : TJ Bobigny, 24 février 2026, n° 25/10890.

RS au CSE : l’effectif s’apprécie au niveau de l’entreprise

RS au CSE : l’effectif s’apprécie au niveau de l’entreprise

Dans les entreprises d’au moins 300 salariés, un syndicat peut désigner un représentant syndical au CSE d’établissement distinct du délégué syndical, même si l’établissement concerné compte moins de 300 salariés.
La règle selon laquelle le délégué syndical est de droit représentant syndical au CSE ne s’applique qu’aux entreprises de moins de 300 salariés et à leurs établissements.
Portée : c’est donc l’effectif de l’entreprise, et non celui de l’établissement, qui détermine le régime applicable.

Cass. soc., 4 mars 2026, n° 25-17.467